Cf. tome VIII, p
Blanches tantost, tantost noires & brunas, Versant sur nous je ne sçay quel destin, Tyran, qui suit nos jours jusqu'à la fin '.
Il choisit l'eau la plus clere & luisante, La terre après la moins dure & pesante. Les mist en masse, & en fist du levain : Il la poitrit longuement en sa main La mollissant de son doigt bien agille. Comme un potier amollist son argille.
Tournant la terre en homme la forma, Souffla dedans un feu qui anima La masse rude, &'de soy paresseuse, [11]
D'une ame vive ardente & généreuse, Semblable au feu qui px-ont, chaut & léger Laisse la terre & au ciel va loger.
En ce pendant les trois Parques chenues Sont à l'entour de l'image venues Ayant au col trois quenoilles d'airain, Fuseaux de fer : puis tirant de leur sein Une fillace & blanche & déliée, L'ont tout au rond des quenoilles liée.
Mouillant souvent de salive leurs doigs Pinsaient le fil d'un accord toutes trois, Prime &. subtil, & d'une ardente envie D'un si beau fil, fiUoient sa belle vie.