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Oeuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire

Dans sa Deffence et Illitslration de la langue françoise, Du Ikllay, d'accord avec son ami Ronsard, avait consacré un chapitre entier, le cinquième du livre II, à préconiser le c long poème », qui, rivalisant avec ceux d'Homère et celui de Virgile, contribuerait plus que tout autre à rendre notre littérature digne de celles des Grecs et des Latins ; et il glorifiait d'avance le courageux auteur qui voudrait « entreprendre un œuvre de si laborieuse longueur et quasi de la vie d'un homme »'. Or la plus chère ambition de Ronsard était précisément de doter la France d'une épopée, qui, jetant une belle lumière sur notre poésie, ne manquerait pas d'en immortaliser l'auteur. Les deux condisciples de Coqueret pensaient aussi que, pour mener à bonne fin une telle œuvre, la faveur des rois, les encouragements et les récompenses des Mécènes sont aussi nécessaires que les qualités naturelles et la science acquise. Du Bellay le dit sans ambages, et Ronsard le répétera de maintes façons tout le long de sa carrière.

Malheureusement ils ne s'entendirent plus quand il s'agit de choisir le sujet dudit poème. Du Bellay disait à son ami (car c'est à lui qu'il semble s'adresser) : « Choysi moy quelqu'un de ces beaux vieulx romans francoys comme un Lancelot, un Tristan, ou autres. » Mais Ronsard, enthousiasmé par la lecture du principal ouvrage de J. Lemaire de Belges, les Illustrations de Gaule, avait jeté son dévolu sur un tout autre sujet, qu'il croyait essentiellement national, mais qui n'était qu'une légende, in-

1. Voir l'édition de la Deffev ce ■pa.r H. Chamard (Paris, Fontemoing 1904), p. 233 et suiv. (ou la nouv. éd. Chamard, Paris, S. T. F. M.).

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