XII INTRODUCTION
à la royne mère, que les poètes qui honorent les rois ne soient pas mieux traités ; et, pensant intéresser la faveur de Catherine de Medicis en piquant sa vanité, il y insérait cette apostrophe au futur lecteur de ses Œuvres :
Toy qui viens après moy, qui voyras en mains lieux De mes escris espars le titre ambitieux De Francus, Francion & de la Franciade, Qu'egaller jedevoisà la grecque Iliade, Ne m'appelles menteur, paresseux ny poureux. J'avois l'esprit gaillard & le cueur généreux Pour faire un si grand oeuvre eu toute hardiesse, Mais au besoing les Roys m'ont failly de promesse '.
Cette pièce fut écrite, ainsi que le prouve tout le début, aux environs de juin 1563, avant la proclamation de la majorité du roi Charles IX, qui est du mois d'août *. Cette « complainte » étant restée sans résultat, Ronsard reprit la plume vers la fin de l'année, pour développer le dernier vers que je viens de citer dans une allégorie satirique, adressée encore à la Reine mère sous le titre La Promesse, et il la publia à part, en une de ces plaquettes in-40 qui avaient tant servi à sa propagande pendant la première guerre civile ; il y a là des allusions cinglantes à l'inconstance et à la mauvaise foi des souverains et des grands seigneurs, dont Catherine de Médicis aurait pu se froisser, si la pièce ne s'était terminée par son éloge, comme la précédente « complainte » 5. Elle ne se fâcha pas, mais se sentit piquée au vif et résolut de donner satisfaction au poète si souvent déçu +. Elle obtint donc en 1564 de Jacques Amyot, précepteur de ses fils, grand aumô-