‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 5)Chapitre 11 sur 425 · INTRODUCTION XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIII

nier, évêque d'Auxerre, comblé de biens par Henri II, qu'il abandonnât en faveur de Ronsard l'abbaye de Bellozane, du diocèse de Rouen. Celui-ci, après l'avoir acceptée, y renonça la même année ' ; il lui préféra le prieuré de Saint-Cosme-lez-Tours, sans doute plus agréable comme résidence, étant baigné par la Loire, voisin de son Vendômois et des châteaux royaux de la Touraine et du Blésois, et lui rappelant les bons souvenirs du temps où il courtisait Marie Dupin à Bourgueil. Il s'y installa dès 1565, et eut la joie d'y recevoir la visite de Catherine de Medicis et de ses deux fils aînés, durant leur passage à Plessislez-Tours du 20 novembre au i^r décembre. C'est à ce momentlà qu'il composa non seulement des sonnets de bienvenue et de gratitude à leur adresse -, mais l'élégie à Charles IX : Au grand Hercule animé de courage. Après y avoir rappelé qu'il fut « honoré, estimé et chéri » par Henri II, mais « non advancé, bien qu'il en eût envie », et remercié son fils de lui avoir « donné commencement de vivre » par l'octroi du prieuré de Saint-Cosme, il ajoutait :

Pource, mon roy, s'il vous plaist que je face

La Franciade, œuvre de long espace,

De long labeur : il seroit bien saison

Qu'eussiez esgard à moy, pauvre grison,

Sur qui desjà l'automnale tempeste

A fait gresler quarante ans sur la teste.

Commande^ moy & m'aimei tout ensemble Et m'honore^. Ces trois points, ce me semble, Font le poëte heureux et glorieux.

Le font gaillard, le mettent dans les cieux 3.

Évidemnient cette requête est comme un écho de celles que Ronsard adressait jadis à Henri II et laisse à penser qu'il n'était pas encore satisfait de la récompense matérielle qu'il avait reçue. Notons toutefois le caractère plutôt sentimental de ses trois

1. Cf. Gaîlia christianu, t. XI, col. 335 sq., mon édition critique de la Vie de Ronsard, p. 167.

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