LIVRE II
Bat ses lyons, & vers le Somne alla :
Le Dieu vieillard qui aux songes préside Morne habitoit dans une grotte humide : Devant son huis maint pavot fleurissoit, Mainte herbe à laict que la Nuict choisissoit Pour en verser le jus dessus la terre Quand de ses bras tout le monde elle enserre : Du haut d'un roc un ruisseau s'écouloit Oblivieux ', qui rompu se rouloit Par les cailloux, invitant d'un murmure A sommeiller en la caverne obscure.
Le coq qui aime à saluer le jour, L'oye, le chien n'y avoyent leur séjour, Sans plus la Nuict, l'horreur & le silence En tel logis faisoyent leur demeurance ^. Somne, dit ell', le repos de noz yeux, Le bien aimé des hommes & des Dieux Par qui le mal tant soit mordant s'oublie, Par qui l'esprit loing du corps se délie î, Va, je le veux, en ceste isle où souloient