‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 5)Chapitre 153 sur 425 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

OÙ tout mon bien j'avois faict enfermer 560 » Si c'est du bien ce qui flotte en la mer,

» Du haut du havre on doit voir la marine ',

» Mal'heureux est qui sur elle chemine. Apres avoir trois jours entiers erré 564, D'astres certains & de voie égaré,

Tousjours pendu sur la vague meurdriere,

Un bon Démon esmeu de ma prière,

Me secourant (d'hommes & d'armes nu), 568 M'a faict grimper à ce bord inconnu.

Proie des loups, & des bestes sauvages.

Nous ignorons des hommes les courages

De ce païs, si après les dangiers [70]

Ç72 Ils ont le cueur piteux aux estrangers.

S'ils craignent Dieu, s'ils aiment la justice,

Ou s'ils sont pleins de sang & de malice :

Pource, bénin aie pitié de nous, 576 Sois homme ou Dieu, j'embrasse tes genoux :

Si. tu es Dieu, tu scais bien nostre peine,

Si tu es homme, une douceur humaine

Doit émouvoir ton cueur à passion, 580 Aiant horreur de nostre affliction.

II dict ainsi : le vertueux Dicase

Contre-respond ^ : Geste terre ambrassée

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