LIVRE II
Ni to}' sans moy, mais soubs nous deux ensemble Il n'y a Dieu si puissant qui ne tremble ' : Laisse tout seul jouer ton compaignon,
756 Embrasse moy, baize moy, mon mignon,
Pends à mon col. Mon fils, je te pardonne Tous les torments que ta flèche me donne, Tous les ennuis, les soucis infinis
760 Pour les amours d'Anchise & d'Adonis •»,
Si de ton trait tu blesses la pensée En Francion, des filles de Dicaee :
Aide au Troyen, il est digne d'avoir
764 Pour sa beauté faveur de ton pouvoir ;
Je te donray pour te servir de page Le Jeu mignard qui te resemble d'âge 3, Fin comme toy, de qui les petits doigs [77]
768 Tous enfantins porteront ton carquois,
Et ton bel arc qui les hommes conqueste : Il sera tien si tu fais ma requeste, Adoncq' Venus le mit en son giron,
755. P maissouz nozdeux enseinble(5Ù) | 7J-1Ç7 Mais quand uoz traits sont décochés {jS-Sj alliez) ensemble
7S9. P Et les travaux, bien qu'ilz soient infiniz
759-60. 7j & soucis infinis | yS-8j Et de nouveau tous les maux in* finis Que j'ay receu {de) pour l'amour d'Adonis
762. 7j'' Le sang, le cueur des filles | yS-Sj L'ame & le cueur des filles
765-64. yS-Sy Pour Francion, Troyen digne d'avoir, Tant il est beau, faveur de ton pouvoir
767-68. P duquel les petits doigts Suivant tes pas porteront ton carquois