LIVRE II
Alloit tout seul par mont & par bocage,
Jettant un cry comme un lion sauvage,
De nuit, de jour errant par les buissons, 904 Changeoit son corps en cent mille façons,
Tant en amour forcenoit sa folie,
Pour se saisir de sa Cymopolie ' :
Mais à la fin se changeant en serpent, [82]
908 A dos rompu sur le ventre rampant,
La tient serrée, & l'ayant embrassée,
D'elle conceut les aieux de Dictée.
Sur un bassin Saturne estoit gravé 91a En cheveux blancs, de vieillesse agravé
A la grand'faux, qui avoit la mâchoire
Du sang des siens toute relante & noire *.
Sa femme Rhée à l'autre bord estoit 916 Qui pour son fils' un caillou presentoit
A ce vieillard, les appas de son ventre :
Dessous ses pieds se herissoit un antre,
Où Jupiter vivoit emmailloté,