‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 5)Chapitre 188 sur 425 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Double, jumeau, emplumé de vistesse,

Porte-brandon, archer, que la jeunesse

Au sang gaillard, courtize pour son Roy,

O grand démon, grand maistre, écoute moy.

Soit que tu sois au milieu de la bande

Des plus grands Dieux, où ta flèche commande,

Soit qu'il te plaise habiter ton Paphos,

Soit que ton chef tu laves dans les flots

De la fontaine Erycine, ou que, vuide

De tout soucy, de tes vergiers de Gnide

Entre les fleurs habites la verdeur,

Vien allumer noz cueurs de ton ardeur ' :

De ceste danse échauff'e le courage.

Sans toi n'est rien la pointe de nostre âge*,

Faveur, honneur, abondance de bien,

Force de corps sans ta grâce n'est rien,

Ny la beauté : & mesmes notre vie

Est une mort, si de toy n'est suivie,

Ensemble Dieu profitable & nuisant. [85]

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