LIVRE III
Atant se teut : Le cœur luy est failly :
56 Comme ruisseaux les larmes ont sailly
De ses beaux yeux, présages de sa peine, Quand d'autre part luy respondit Clymene, Q.ui moins n'ardoit de segrette langueur
60 Pour le Troyen qui luy bruloit le cœur.
Mais plus que l'autre elle estoit avisée, Qui ne vouloit une amour divisée, Ains vouloit seule en toute affection,
64 Dame, jouir du cœur de Francion ■ :
Pource en mentant par un grand artifice
Luy conseilla, qu'aimer estoit un vice,
Ainsi son mal par fraude elle cacha, [^o^j
68 Et l'inconstance à sa sœur reprocha.
Où sont, ma sœur, ces responces hautaines Que tu rendois à tant de Capitaines, Princes et Rois? que pour ses gouverneurs
72 Crète nourrist en pompes et honeurs ?
Qui travaillez d'une amoureuse flame Tous à l'envy te cherchoyent pour leur femme ? Q.uoy ? seulement d'un courage endurcy
76 Ne desdaignois ces maris : mais aussi
Tu mesprisois les hommes dont l'audace Est trop cruelle encontre nostre race.