C'est le nom qu'Homère donne à Paris, fils de Priam
2. Argument sans valeur. D'une part, les Troyens parlaient un dialecte grec, la Phrygie ayant été colonisée par les Grecs bien avant la guerre de Troie ; la langue grecque était parlée danstout le bassin de la Méditerranée orientale, et, par suite, les Troyens et leurs adversaires, quand ils s'interpellent dans V Iliade, n'ont pas besoin d'interprète ; Homère lui-même n'était-il pas natif d'une colonie grecque de l'Asie Mineure et sa langue n'est-elle pas le dialecte ionien ? 11 n'est donc pas étonnant que les noms propres des Troyens aient une physionomie grecque. D'autre part, un auteur fait toujours parler en sa laogue les étrangers qu'il met en scène, même s'il est historien, et kurs noms propres sont grécisés,si l'auteur est grec, latinisés, s'il est latiu, francisés, s'il est français, etc.
j. Le plus connu de ces auteurs est Dion de Pruse, qui vivait en Bithynie au i" siècle de notre ère ; il démontre, dans un ouvrage sophistique, qu'Iliun n'a jamais été prise par les Achéens. Déjà Thucydide avait affirmé (I, 10,3) qu'Homère étant poète « a embelli et grossi » l'expédition des Grecs contre Troie ; il ajoutait que, si cette entreprise fut plus célèbre que les précédentes, « les faits montrent qu'elle fut néanmoins au-desîous de sa renommée et des récits accrédités par les poètes» (I, 11,5)- Quant à Dion de Pruse, son ouvrage, traduit du grec en latin par l'humaniste italien Fr. Philelphe, avait suscité un grand intérêt de curiosité. Cf. Jean Lemaire, Illustr. de Gaule, livre n, chap. xxv.
et bonne grâce des iEacides', & aussi (peul estre) que le bruit de telle guerre estoit receu en la commune opinion des hommes de ce temps là, entreprit une si divine & parfaite Poésie pour se rendre, & ensemble les ^acides, par son labeur à jamais treshonorez.
Je sçay bien que la plus grande partie des Historiens & Poètes sont du costé d'Homère*, mais quand à moy je pense avoir dit la vérité, me soumetant toujours à la correction de la meilleure opinion. Autant en faut estimer de Virgile, lequel lisant en Homère, qu'^ïlnée ne devoit mourir à la guerre Troyenne, & que sa postérité releveroit le nom Phrygien', & voyant que les vieilles Annales de son temps portoyent qu'^Enée avoit fondé la ville d'Alba, où depuis fut Rome, pour gaigner la bonne grâce des Césars, qui se vantoyent estre sortis d'Iule, fils d'iEnée, conceutceste divine Enéide qu'aveq toute révérence'^ nous tenons encores aujourd'huy entre les mains.
Suivant ces deux grands personnages, j'ay fait le semblable : car voyant que le peuple François tient pour chose très-assurée selon les Annales, que Francion, fils d'Hector, suivy d'une compagnie de Troyens, après le sac de Troye, aborda aux palus Mœotides, & de là plus avant en Hongrie, j'ay allongé latoille, & l'ay fait venir en Franconie, à laquelle il donna le nom, puis en Gaule, fonder Paris, en l'honneur de son oncle Paris 5. Or' il