‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 5)Chapitre 263 sur 425 · graphie consumée · texte numérisé non relu

graphie consumée

740 Incontinent le vieil prestre Mystin '

Qui du corps mort soingneux avoit la garde, Lave la braize et la cendre boivarde, Choisit les os et les mist dans le sein

744 (Sacré tombeau) d'un vaze fait d'airain :

Puis arrouza par grand cérémonie D'une sainte eau trois fois la compagnie : Les derniers mots de l'obseque acheva,

748 Atant se teut, et le peuple s'en va^.

Francus qui veut soubs les ombres descendre Tond ses cheveux et les mist sur la cendre : Cher compagnon pren de moy ce présent

752 Tesmoin du dueil que mon courage sent

Pour le regret d'une si chère perte :

Disant ainsi, la cruche il a couverte De ses cheveux, qu'il avoit autrefois

756 Promis en vœux au grand fleuve gaulois 3.

743-44. TyS"] et les enferme au sein (Sacré tombeau) {y8-Sj repos) d'un vaze

750-5 î- 7i"^7 Tond ses cheveux & les mist {jS-Sy les jette) sur la cendre Du trespassé, cent fois la rebaisaut : Cher compagnon, pren de moy ce présent, Triste tesmoin de ma fatale perte

754. 7S~^7 P"'s ^ plein poin {et poing) la cruche il a couverte

756. 7^' Vouez au Dieu qui baigne les François | yj^ Vouez à Seine heureux fleuve François ] y8-Sy texte de y)', mais Sy ajoute ce distique : Au Dieu de Seine, & aux Nymphes compaignes Q.ui de Paris arrosent les campaignes

' I. Mystin = qui est initié aux mystères.

2. Pour cette cérémonie et ses préparatifs, depuis le vers 685 , Ronsard s'est inspiré des obsèques du Troyen Misènc (Virgile, En. VI, 175-184 et 2 12-2 5 5). — A qui Jamyn a-t-il fait allusion dans l'argument du livre III (p. 16) ? Est-ce au connétable de Montmorency, pour qui Ronsard composa une épitaphe et à qui la Reine Mère décerna « des obsèques de roy » ? Ou bien à François de Guise, prince lorrain (cf. Binet, Vie de Ronsard, éd. Laumonier, p. 41 et 207) ?

3. La Seine. — Note de l'éd. de 1 587 : « Il est permis aux Dieux, aux morts, aux Pontifes, aux Devins, et aux Poëtes en leur fureur de prévoir l'advenir, et les noms qui ne sont encores imposez aux choses. Voyez les commentaires de Virgile, au sixiesme, sur ce passage, Portusque require velinos » (v. 366).

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