‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 5)Chapitre 277 sur 425 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

Qui de broquards piqueroient la pauvreté :

Elle en esprit son fiencé regrete

D'un pleur muet à bouche close : ainssy 88 Pleuroit Clymene et cachoit son soucy '.

Pour raconter sa douleur qui n'a trêve,

Ores au bout de sa langue s'esleve

La voix poussée, et aux lèvres luy pend, [141]

92 Ores tombée aux pommons redescend

Sans nul effect : car le son qui ne touche

Qu'un peu les dents ne desserroit sa bouche^ :

Ainsi qu'on voit les fantosmes de nuit 96 Parler à nous et ne faire aucun bruit '.

Or comme Amour en fureur l'importune.

Sans déclarer à sa sœur sa fortune,

Seule en sa chambre en haste s'en rêva.

Où de longs pleurs sa poitrine lava.

A ses soupirs la bride elle destache,

Rompt ses habits, ses cheveux elle arrache,

Egratignée, et d'un esprit transsy 34 Pensoit douteuse et repensoit cecy.

Que doibs-je faire ? helas en quelle peine

Me tient Amour ! ha, chetive Clymene,

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