LIVRE m
0 Là, choisissant entre mille, elle prit
Une poison, qu'on dit que Promethée A de son sang autrefois enfantée, Quand le vautour tout hérissé de fain 4 A coups de bec luy dechiroit le sein :
Le sang coula dessus la terre mère :
Le soleil chaut qui toute choze esclaire, Luy donna force, accroissance, et vigueur : i Elle a de tige un coude de longueur,
Rouge la fleur, la fueille un peu noirastre, Que la sorcière et la fausse marastre Scavent cueillir de leurs ongles tranchans ! Dizant dessus des mots qui sont mechans,
Voire et qui font quand la Lune décline Hors des enfers retourner Proserpinê.
Quand elle vit telle forte poison, Elle entra toute en longue pâmoison, Rouant les yeux, et horriblant la face. Et de ses pieds trépigna sur la place : Un spasme avoit tous ses nerfs estandus, Elle cria : ses cris sont entendus De sa nourrice à qui des son enfance Elle portait honeur et révérence.
Or, de fortune, elle estoit près de l'huis. [145] Clymene avoit raconté ses ennuis Un jour devant à la vieille chenue,
1087. 7^-84 Luy donna l'estre
1085-88. S/ supprime ces quatre vers
1089. Sj Rouge est sa fleur, sa fueille
1095-94. 7^-Sy Et n'est poison qui si pronte délivre Loin de son ame un corps fasché de vivre
1096. J}-Sj S'esvanouyt en (78-87 de) longue pasmoison (et pâmoison)
1103-05. 7^-87 Or' de fortune à l'huis elle escoutoit : Car la pucelle un peu davant s'estoit A sa nourrice en segret descouverte (<■/ découverte)
Qui, se doutant d'une mesavenuë', Toujours en peur de sa fille vivoit
ito8 Et pas à pas soingneuse la suivoit.
D'un coup de pié la porte elle a poussée, Puis eti voyant la pucelle pressée Des traits de mort, d'un parler redouté^
1112 Son desespoir en mieux a rebouté,
Disant ainsi : ô pucelle bien née En quel malheur tourne ta destinée Par ton conseil ? le Destin ne peut rien
1116 » Sur l'homme auteur de son mal et son bien :
» Nous sommées seuls maistres de noz fortunes, » Comme il nousplaistel' sont blanches ou brunes, » Et le grand Dieu bon père des humains
II 20 » Le franc arbitre a mis entre noz mains, '
» Sans nous lier aux estoilles célestes, » Dont les vertus ne nous sont manifestes, » Ny au destin qui ne peut nous borner.
1124 » Bien que le ciel il face retourner,
» Et les saisons en leur temps il rameine, » Il ne peut rien sur la prudence humaine
1106. 7j Elle en esprit présageant sa perte | jS-Sj Geste nourrice en doute de sa perte
1111-13. '/}''■■■ d'un superbe sourci Tancea sa fille & luv a dit ainsi : Germe royal, 6 Princesse bien née
1112-13. JS'-Sj Luy a le cueur dans le sein {jS-Sj l'espoir dans le cueur) rebouté, La conseillant : ô Princesse bien née
1114. 84-8J ta vie as-tu tournée ?
iri'î. 78-8';/ Suy la raison : le destin ne peut rien
1118. 7 j-(?^ blanches & brunes
1 121-24. 84 supprime ces quatre vers
1125. 84 La destinée à force ne nous meine, Q.ui ne peut rien