LIVRE IV
460 Qui prend sa vie et sa mort en la mer.
Non, ceste terre où j'ay mon parentage, Me peut donner un riche mariage, Et sans me perdre au gré de mon plaisir 464 Je peux en Crète un autre espoux choisir.
Riche de biens, de race noble, et forte '.
Ah! je me trompe, et mon isle ne porte Des fils d'Hector, et quand elle en auroit, 468 Nul égaler sa vertu ne pourroit,
Ny sa beauté ny sa jeunesse tendre.
Armes d'amour, qui prise me font rendre. Vaut il pas mieux franche me deslier 47a De tant d'amour, que mon père oublier
Pour un fuitif, qui n'a point de demeure, De foy, de loy ? mourir puisse-je à l'heure Qu'en destachant de honte le bandeau 5 Je presseray de mes pieds son bateau.
Sans avoir soing des vergongneux diifames Que mes parens, les filles et les femmes Me jetteroient : Hyante pour n'avoir 3 Ny jugement, ny raison, ny scavoir,
Brute, lascive, amoureuse, incensée, A ses amis et sa terre laissée
459-60. 78-8J Loin de mon pereaveq' un estranger, Qui n'a rien seur sinon que le danger