‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 5)Chapitre 40 sur 425 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Du Ciel d'airain les fondemens tramblerent Desous le pié des Dieux qui s'assemblèrent Allant de ranc en leur siège apresté :

28 Lors Jupiter pompeux de majesté,

Les surmontant de puissance & de gloire,

Haut s'esleva sur son trosne d'ivoire

Le sceptre au poing, puis fronsant le sourcy

52 Renfrongné d'ire, aux Dieux parloit ainsi.

Je n'ay jamais telle douleur receue Pour les Mortels ne pour les Dieux conceue Que je fy lors qu'on bruloit Ilion :

î6 Q.uand le cheval enflé d'un million '

D'hommes guerriers, de sa voûte fermée [3]

Versa dans Troye une moisson armée D'espieux, d'escuz, de lances & de dards,

40 Flambans es mains des Argives soudards ^ :

Non seulement les Dolopes gensdarmes J Passoient les corps par le tranchant des armes, Mais noz maisons, sacrilèges, pilloient

27. 84-8^ Tous marchans d'ordre en leur siège appresté jo. 84-8J Se vint assoir en son throne dyvoire

53-Î5' 7S'^7 Jamais au cœur je n'eu telle tristesse Ny pour mortel, pour Dieu, ny pour Déesse Que j'en la nuict qu'on bruloit Ilion 36. 7^-Sj duand le cheval, preignant d'un million 40. 7}-8y Branlez es mains

1. Hyperbole amenée par la rime. Les Grecs enfermés dans le cheval de Troie ne devaient pas être plus de cinquante, surtout armés de pied en cap, si l'on s'en tient à ce qu'en dit Virgile, Eu. II, i8 sqq. et 260 sqq. Le témoignage des Anciens varie beaucoup à ce sujet : d'après Leschès de Lesbos, auteur de la Petite Iliade au vu' siècle av. J.-C, ils étaient trois mille (cf Apollodore, V, 14, et Schol. de Lycophron, 950) ; d'après Stésichore, seulement cinquante (frag. 24; cf. Eustathe, 1698, 2); d'après Quintus de Smyrne, plus de trente (XII, 314 sqq.).

Dans la variante le mot preignant est une image empruntée à l'état des femelles pleines (du latin ptaegnantem).

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