Conseil =^dessein, décision
Et, sans couver UTie double pensée,
Oavrois le cdeur par la voix prononcée,
Voire voulois que les mortels d'embas, 50 Et les hauts Dieux non subjects au trespas
Sachent pour vray que je suis ennemie
De telle race horribk d'infamie
Que tu trahis en la flatant, ou ' moj
La baissant, je fais ce que je doy.
55 Oiioy n'as tu pas par fraude et par finesse
Faict qu'Anthenor echapast de la Grèce-,
Ce bon ^Enée, et Nauton, et Bavon i.
Pour en après estonfFer leur renom
Que tu avois de promesses légères 60 Destinez Roys des terres estrangeres :
Aux bords donne? ces Troyens sont venus
Seuls, desarmez, pauvres, foibles, et nus
De tout honneur, maigres de longue peine.
Voila comment ton beau Destin les meine 65 Aux lieux promis pour y estre veincus.
De tels apas tu allèches Francus,
Le dérobant des deux bras de sa mère
Pour vivre après en extrême misère,
Et sans victoire en larmes se moisir, 70 Dont tout mou cœur en tressaut de plaisir.
Car par ton art tout couvert de fallace ■»
Me veugeray de la troyenne race,
Et de l'amour qui encores te point.
Qui te diffame, et tu n'en rougis point. 75 Comme leurs murs, devoir leur renommée
Bruncher à terre aux enfers abismée,
Ainsi jurant tu me l'avois promis,
Mais s'il est vray que le Ciel ait permis