A fleur de terre
2. Ce nom commun figure déjà dans Y Ode de la paix (t. III, p. 20),
Et d'une Rùyiie accorte Catherine, 50 Roj'ne qui doit loger en sa poictrine
Tonte vertu : Charles sera son nom,
Dont les hauts faicts passeront le renom :
Bien jeune d'aage, orphelin de son père,
Estant conduict des conseils de sa mère, 55 Et d'un advis heureusement bien né
Appaisera son peuple mutiné,
Qui furieux par les villes francoyses
Bouillonnera de troubles et de noises :
Mais aussi tost que la vive vertu 60 Armera ce Roy du fort glaive pointu '
Et qu 'on verra pour l'honneur de ses Gaùlles
Le corcelet craquer sur ses espaulles,
Ayant la fleur de sa jeunesse attainct,
De ses subjects plus honoré que craint, 65 Ira couvrir le monde de gendarmes,
Et plantera jusqu'aux Indes ses armes.
De i'Ocean limitant ses travaux,
j'enten desja le pié de ses chevaux
Fraper la terre, et dessous ses bannières 70 Aller de rang les jeunesses guerrières,
Ayant le dos hérissé de harnois.
Le flanc d'espée, et la main de long bois.
Eux menassans d'une effroyable face
Les ennemis, feront trembler la place 75 Dessous leurs pies, en ordre se suivant.
Comme les flots marchent dessous le vent
L'un après l'autre, et de suite ébranlée
S'en vont roulant par la pleine salée
Jusques à tant que le venteux effort 80 Lésait poussez contre le fond du bord,
Nul n'osera se trouver en bataille
Devant ce Roy, soit que piéton il aille
Devant les siens, d'allégresse tout plein,
58. H : de sectes et 65. H : de la 75-76. H : suyvants,... les vents 80. H : le front 82. H : Contre ce Roy
I. Prononcer iirwro. Les v. 59-64 sont presque identiques aux v. 14 j- ■8 de VÈlégie an Roy (t. XIV, p. 140).
Crespant ' les plis d'une pique en la main, 85 Soit qu'à cheval il frape la campagne,
Piquant les flânez d'un beau genêt d'Espagne,
Couvert de poudre, ayant pendu au bras
Vermeil de sang le trenchant coutelas,
Ainsi qu'on voit tomber sous la faucille 90 Meinte javelle en la pleine fertile
L'une sur l'autre, alors que la saison
Fait emporter les bleds en la maison.
Ainsi cherra dessous sa large espée
Meint corps, meint bras, meinte teste coupée, 95 Roulant à terre, une horreur, un efFroy,
Suivant le glaive en l'ardeur de ce Roy :
Mais tout ainsi qu'aux rebelles courages
Fera sentir l'efTort de ses orages.
Il sera doux au peuple surmonté 100 Ayant la force ensemble la bonté :
Ce Charles Roy jusqu'aux flammes célestes
Fera voiler nostre race et ses gestes.
Puis estant saoul de ce monde ennuyeux
Comme un soleil reluira dans les Cieux, 105 Pource, Francus, alegrement déplace,
N'estoufTe point une si belle race
Par ton séjour, et marche sans eff'roy
Ayant les Cieux et le Destin pour toy. A peine eut^ que sa fureur la laisse iio Palle et defaicte au milieu de la presse.
Ou haletant confessoit qu'elle estoit
Prise du Dieu qui en son cœur tourmentoit
1049. Et ce pendant 1052. attrainé 1057. *" long d'une grand 1061. Neptun 1065. les bras de qui la double course 1072. Que si long 1075-1076. guillemets 1075. la divine Nature 1075-1076. Ouir
93. H : Ainsi tombra 95. H : Roulante... un horreur 96. H : glaive et la main de 100. H : ensemble et la 108. H : cieux si dextrement pour