INTRODUCTION XI
ami, il ne craignit pas de piquer son amour-propre en lui adressant un autre sonnet, dont voici les tercets :
Ton Francus, cependant, a beau haulser les voiles, Dresser le gouvernail, espier les estoiles. Pour aller où il dust estre ancré désormais :
Il a le vent à gré, il est en equippage, Il est encor pourtant sur le Troyen rivage, Aussi, croy-je, Ronsard, qu'il n'en partit jamais '.
Le fait est qu'il n'est rien resté du « long poëme » que Roiîsard voulait alors écrire en vers alexandrins, qualifiés par lui « vers héroïques » depuis 1 5 54, si ce n'est un fragment qu'il aurait confié à Henri Estienne et que celui-ci a publié bien plus tard, en 1579, ^^^^ sa Prêceîlence du langage français '.
On sait qu'en 1560, ^lors que grondaient les premiers bruits de la guerre civile, Ronsard prit tout de suite parti pour les Catholiques, et que les années suivantes il rendit par ses discours politiques un service éminent à la cause de l'Église et du même coup à celle de la royauté '. Il espérait donc bien recevoir enfin la récompense si longtemps attendue, malgré les décisions prises alors par les membres du Concile de Trente contre les bénéficiaires ecclésiastiques. Aussi, ne voyant rien venir après la paix d'Amboise (12 mars i563),déplora-t-il une fois de plus, dans une Complainte