LIVRE I
De liberté, de vaincre & de s'armer, Et d'emporter Ilion par la mer.
A tant un peuple en armes effroyables (Comme toisons de neges inombrables Qu'on voit du ciel espaisses trébucher [33]
Quand l'air venteux noz terres veult cacher) Va frémissant au bord de la marine.
Desoubs le pas du peuple qui chemine Vole une poudre, & soubs le pié qui fuit Pour s'embarquer, la terre fait un bruit : Fils, ne maisons ces hommes ne retardent : Tristes de loing les femmes les regardent ! Ils s'assembloient d'un pied ferme rangez, De dards, d'escus & de piques chargez.
Sonnant bruyant" près des rives chenues. Ainsi qu'on voit les bien-volantes grues Faire un grand cri, quand passer il leur faut La mer pour vivre en un païs plus chaut ^.
Autant qu'on voit dans les creux marescages