‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaireChapitre 124 sur 244 · LIVRE V, ODE III · texte numérisé non relu

LIVRE V, ODE III

305 Les vrais boucliers de ta poictrine,

Blanchissante en virginité.

Affin qu'après ma voix fidèle, Au soir à la tarde chandelle Les mères faisants oeuvres maintz, 510 Content tes vertuz précieuses,

A leurs filles non ocieuses, Pour tromper le temps, & leurs mains *.

Peult estre aussi alors que l'âge Aura tout brouillé ton lignage, 515 Le peuple qui lira mes vers,

Abbreuvé d'une gloire telle, Ne te dira femme mortelle.

Mais Sœur de Pallas aux yeulx verdz^.

306. 1S7 Sacrée à la virginité 509. 61 Les mères ouvrant de leurs mains

508-309. ']i'']8 Les mères tard à la chandelle Pirouëtant les fuseaux pleins I S^-S"] La mère au soir à la chandelle Pirouëtant les fuseaux pleins 310-311. 84-8"] Conte tes vertus précieuses A ses filles... 316. 84-8'] Estonné d'une gloire telle

1. A rapprocher du fameux sonnet à Hélène : Quand vous sere^ bien vieille... Cette strophe et la suivante prouvent que Ronsard, en dépit de ses rodomontades, désirait être lu du grand public, et même du « simple populaire », autant que des érudits, et qu'il tenait à une gloire vraiment nationale. D'autres passages en témoignent, par ex. dans le poème de la Lyre, vers 20 (texte de 1569), dans l'épitre A Chr. de Choiseul (var. de 1578); ailleurs, il souhaite que les paysans de sa terre natale chantent ses vers en évoquant sa mémoire (ode de IS50 Sur l'élection de son sépulcre), il se vante d'être chanté par des ménétriers de province (idylle de 1560 sur le Voyage de Tours), il raconte non sans fierté que ses poésies pour Marie sont connues des gens de Bourgueil (élégie de 1565. Discours amoureux de Genevre), et souhaite que d'âge en âge la jeunesse de l'Anjou et du Vendômois les « .ipprenne par cœur » {Elégie à Marie de 1560).

2. Traduction de l'épithète yXauxio;t'.; appliquée parles Grecs à Pallas.

Et te fera des édifices 320 Tous enfumez de sacrifices,

Si bien que le siècle advenir, Ne congnoistra que margueritte, Immortalizant ton mérite Par ung immortel souvenir.

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