LIVRE V, ODE IX lé
•;^ D'une inconstance coustumiere,
M'a commandé de la sonner Telle qu'elle est, pour estrener La foy de nostre amour première '.
Si i'avoy les butins heureux 80 Que le Marchant avantureux
Arrache du sein 'de l'Aurore, Tu les aurois : & les sablons Qui roullent luisantement blonds Dans l'eau que la Phrygie honore ^.
8s Ou si i'estois assez subtil,
Pour animer par un outil La toille muette, ou le cuivre : [p. 205J
Mon art t'ofFriroit ses presens.
Mais ces dons là contre les ans
90 Ne te scauroyent faire revivre.
Pren donc mes vers qui vallent mieux.
Et les reçoy comme les Dieux Reçoyvent par leur bonté haulte Les humbles presens des mortelz,
85-84. 57 Qui roulent & riches & blous En l'eau 88. ^8^8^ ces presens
rait le croire, allusion à la variabilité du premier jour de l'année officielle (fête de Pâques) ; il traduit cette ligne de Macrobe : « Mundus in orbem volvitur, et ex se initium faciens in se refcrtur ».
1. Ce vers nous apprend que la liaison de Ronsard et de R. de la Haye était récente. Du Bellay parle de son costé de leur « amour nouveau-née » (éd. Chamard, t. IV, p. 179).
2. Les paillettes d'or du Pactole. — Cette strophe et la suivante viennent d'Horace, Carm., IV, viii, 1-12. Cf. le tome I de la présente édition, p. 149, vers 16 et suiv.
95 Qui d'offres chargent leurs autelz
Bien que de rien ilz n'ayent faulte
A CLAUDE DE LIGNERl^ Ode
Qui par gloyre, & par mauvaistié, Et par nonchallante paresse, Aura tranché de l'amitié