S3~7^ <^^ <^^s vers | 84-8J de ses vers
I. Bertran Berger, poète poitevin, originaire de Montembeuf en Charente, auquel Ronsard a dédié une ode de 15 50 (voir la présente édition, t. I, p. 138), Du Bellay plusieurs pièces (éd. Chamard, t. III, p. 26 ; IV, 184 ; et Jeux rustiques), Baïf une ode (éd. Marty-Laveaux, t. IV, p. 348). C'était le plaisant de la Brigade. D'après un témoignage latin de Ronsard, publié par P. de Nolhac {Ronsard et l'Humanisme, p. 265), il était assez ignorant et avait un grain de folie. De son côté Du Bellay, dans ses Jeux rustiques, l'a loué d'être poète sans avoir lu « aucune poésie », de faire de l'harmonie imitative en « vers bedonniques » et en « hachigigotis », de dire enfin « mille bons mots pour rire » . Bien qu'il l'ait encore loué d'avoir écrit des dithyrambes,
Lesquelz n'avoyent ny piedz ny jambes, c'est à tort que Blanchemain et Marty-Laveaux, se fiant à Cl. Binet, lui ont attribué les Dithyrambes à la pompe du bouc de Jodelle. Cf. mon Ronsard poète lyrique, p. 99, 103, et mon édition de Ronsard publiée chez Lemerre, t. VIII, p. 37-39.
ou LE VOYAGE D HERCUEIL 205
JE BERGER PLEIN DE VITESSE, PAR HUMBLESSE 575 AUX DIEUX CHEVREPIEDZ j'aPPENS
GESTE DESPOUILLE COXCIUISE,
PAR MOY PRISE EN l'aGE de CINQUAKT' ANS '.
Père, que ta verve doulce 580 Me repousse
En un doux afFollement ^ :
Plus fort que devant, ta rage
Le courage Me chatouille doulcement.
De ces chesnes goûte à goûte [p. 228]
Bas dégoûte.
Ce me semble, le miel roux, Et ces beaux ruisseaux qui rouUent Toutz pleins coulent 590 De Nectar & de vin doulx '.
Amis, qu'à teste panchée, Estanchée Soit nostre soyf là dedans, Il fault que leur vin appaize
378. 6o-8j En l'eage (67-^7 l'âge) de soixante ans 384. 6o-j8 Me forcené | S4-8J Me rafole 386. 84-8j Redegoute 388. jS-8-j Et ces ruisselets
1. Souvenir de V Anthologie grecque, Epigrammes votives, n" 55 de l'édition Jacobs. Cf. ci-dessus, p. 195, n. 2
2. Le dithyrambe, interrompu par l'épisode de la chasse aux papillons, recommence ici, et ces trois vers reprennent les vers 501-305.
3. Pris à Euripide, Bacch., 142-143, ou à Horace, Carm., II, xrx, 9-12.
395 Geste braise
Qui cuit noz gousiers ardans.
Boyvon leurs ondes sucrées Consacrées Au Dieu qui nous poingt le cuœur, 400 Sondon leurs vagues profondes
Toutes blondes D'une vineuse liqueur.
Que chascun de nous y entre Jusqu'au ventre, 405 Jusqu'au dos, jusques au front.
Que chascun sonde et resonde
La doulce onde Qui bat le plus creux du fond.
Voyez Urvoy qui s'eslance 41Û Sur la pance
Tout vestu dans le ruisseau, Et voyez comme il barbouille
En grenouille Dessoubz les vagues de l'eau ! [p. 229]
415 Suivon le sainct trac humide
De ce guide, Elançon nous comme luy.
Et lavon dans ceste rive, En l'eau vive 420 Pour tout jamais nostre ennuy.
595. 6o-j8 La grand'braise | 8 4- 8 j texte primitif 397. 6j-y8 Boivon ces ondes 397-402. 84-8 j suppriment cette strophe. 418. yS-8y Et lavon sous ceste rive
ou LE VOYAGE D HERCUEIL 2O7
Que l'homme est heureux de vivre
S'il veut suyvre Ta folie, ô Cuissené ', Qui tes temples ^ environnes 425 Pour couronnes,
D'un verd pampre raisiné.
Sans toy je ne voudroys estre
Dieu, ne maistre Des Indiens, ne sans toy 430 De Thebes Ogygienne 5
Terre tienne Je ne voudrois estre Roy.
Sans toy, di-je, race belle De Semele +, 435 Sans toy, di-je, Nyséan,
Sans toy qui noz soingz effaces
De tes tasses.
Père Evien, Lyéan >.
424-425. 6o-y) riw£5 environne. ..couronne | 7.? Qui tes cheveux environne I 84-8-j Dont le beau front s'environne 427. j2 virgule après estre [éd. suiv. corr.) 431. j j-<?7 Cité tienne 437. 84-8 j Par tes tasses 458. 6/ Lynéaa | Ji-8y Laenéan [et Lenean)
1. Le mouvement vient d'Euripide, Baccb., 72 et suiv, — Le qualificatif « Cuissené », que l'on retrouve dans les Dithyrambes de 1553, est composé sur le modèle i'Ignigena (Ovide, Met., IV, 12) et surtout de Femorigena (Marulle, Hymnus Baccho, 25). Pour le mythe, cf. Euripide, op. cî7., 88-98, et Ovide, Afô.,III, 3 10 et suiv.
2. C. à d. tes tempes (temples, de lempora, est courant au xvi' s.).
3. Thèbes, fondée p.ir Ogygés. L'épithcte vient d'Ovide, qui l'applique à Bacchus, honoré à Thèbes.
4. Ovide appelle aussi Bacchus « proies Semeleia » (Met., III, 520).
5. Nyséan = Dieu élevé par les nymphes de Nysa ; Evien = Dieu invoqué au cri d'Evoé ou d'Evan ; Lyéan r= Dieu qui délivre des soucis. Cf. Ovide, Mél.,W, 11-15.
Mais laisson trouppe gaillarde 440 L'eau mignarde,
Haston plus menu le pas, Geste chaleur aspre & grande
Nous commande [p. 230]
De ne nous arrester pas.
445 Sus, conduisez d'une aubade
La brigade O vous chantres honorez, Qui tenez en ce bas estre Vostre naistre 450 D'Apollin aux crins dorez.
Mon dieu, que ceste musique Angélique Fiche mes espritz béants.
Et ces menestriers qui sonent, 455 Et entonnent
Les saintz cornetz Idéans ' !
Q.ue ces flustes qui doulx chantent Me contentent De leurs accordz discordants !
460 Certes la musique doulce
445. 60-yS Sus, reveillez | j2 virgule après aubade (éi. suiv.corr.) 450. 60-78 D'Apollon