‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaireChapitre 29 sur 244 · Souvenir de Virgile, En. I, 4 et · texte numérisé non relu

Souvenir de Virgile, En. I, 4 et

2. Andromaque, mariée à son beau-frère Helenus et devenue reine d'Epire, après avoir été l'esclave de Pyrrhus. Cf. Virgile, En. III, 294 et suiv. — Ronsard suit ici la tradition virgilienne, d'après laquelle Andromaque serait partie en captivité sans le fils qu'elle avait eu d'Hector {En. 111,489-491). Il en a suivi une autre dans la Franciade, où ce fils unique

Antistrophe

Si tost que sa nef fut ancrée, Il saute au front de la contrée, Et marchant plus avant encor, II vit Andromache pleurante, Trois fois en pas tristes errante Cernant le vain tumbeau d'Hector ' Par sacrifice elle appelloit L'idole- de l'ame Hectorée, Répandant du laict qui couloit Du fond de sa couppe dorée.

Mais quand son fis elle entrevit, Une pamoizon lui ravit La vois & la bègue parolle, Aiant de pleurs la face molle 3 :

A la fin serenant ses yeus Pandue à son col, ell' s'efforce

174. ^2-5'j Cerner le vain tombeau d'Hector 182. j2-f) Baignant de pleurs sa face molle 184. // Et pandante à son col, s'efforce

d'Hector (Astyanax, qui prendra le nom de Francus), sauvé par Jupiter, confié à la garde de son oncle Helenus, élevé obscurément dans l'entourage de sa mère,

De peur qu'il soit des Grégeois recognu,

vit dans l'oisiveté à Butlirote, capitale de l'Epire, lorsque l'action de l'épopée commence.

1. Le cénotaphe de son premier mari. Cf. Virgile, En. lll, 303-305 : Libabat cineri Andromache, Manesque vocabat Hectoreum ad tumiilum, viridi quem cespite iiumem Et geminas, causam lacrimis, sacraverat aras.

2. L'ombre du mort telle que se la figuraient les anciens. Ce terme correspond au mot Mânes du passage de Virgile cité dans la note précédente, mais il est calqué sur le mot e'iocoXov qu'emploie Homère, Od. XI, 83. Cf. dans la présente édition le tome II, p. 22, n. 2 ; ci-après, p. 68, n. 7.

3. Cf. Virgile, En. III, 306-309: Ut me conspexit venientem...

l6 ODE LA PAIX

De l'arrester par douce force Violentant le veil des Cieus.

Epode

Lors la tumbe en deus s'ouvrit, Et l'obscur de ses crevaces Hors des enfers découvrit Une ombre de quinze brasses '.

Le sang froid venant toucher

157-186. Ces trente vers sont tout changes à partir de 1^60. Pour plus de clarté nous présentons en quatre tranches ceux qui les remplacent : 1° vers 157-164; 2° vers 165-174; 3° vers 175-182; 4° vers 1S5-186:

157-164. 6o-8j Andromache qui remâcha Les mots de Cassandre évolée, Son fils secrètement cacha Dessous figure recelée (jS-Sj Sous une voate reculée), Car Junon qui ne vouloit plus Que le nom Troien revint sus, Ardoit d'en abatre la race, Et Francus tuer sur la place,

165-174. 60-y} Sans Venus (éy-y^ Jupi'i) qui soudain faignit Une idole à lui ressemblante, Dont Junon (67-71 Pyrre/^ Pyrrhe) d'une mainardante En lieu de Francien taignit Antistrophe La terre de sang, & la fein te Garda le vrai, puis après mainte Fortune dont il se sauva, Enterra le cors de sa mère Dans le vain tombeau de son père Qu'entre les Grées elle éleva. | j8-Sj Sans Jupin qui l'enfant mua En une semblance animée. Que Pyrrhe de sa main armée D'une tour à terre rua. Antistrophe De faux sang la place fut teinte : Ainsi la fraude de la feinte Le corps de Francion sauva. En Buthrote, vivant sa mère, Bastit {8y Feignit) le tombeau de son père. Qu'entre les Grecs il esleva.

175-182. 6o-8j Son cœur elle ouvrit d'un Cousteau Aiant sceu la fauce (et fausse) merveille Comme l'orage avoit sous l'eau Noie son fils près de Marseille. De pleurs la tombe il honora. Et de beaus jeux la décora Par joustes esprouvant l'adresse De la Phrygienne jeunesse, (7^ un point 7S-8y deux points)

185-186. 60-j) En fin à terre il se coucha, Et d'une grand'coupe dorée Sur la vuide tombe hectorée (et Hectorée) Du laict par trois fois repancha (Bl remplace inutilement ce mot par épancha) | 78-8^ Puis faisant la vague escumer, Invoquant Junon & Neptune, Il alla chercher (Sj Hasardeux chercha) sa fortune Au gré des vens & de la mer.

187-286. Ces cent vers sont supprimés à partir de i^yS. Voici leurs variantes jusquà iS7S inclus :

191. /2-/5 Le sang froid qui vint toucher | 60-jj Tout le sang qui lui froidit

I. Cette apparition de l'ombre d'Hector rappelle celle de l'ombre de Darius, également évoquée par sa femme Atossa, dans les Perses d'Eschyle.

Leurs cueurs détenus en serre Tout aplat les fit bruncher Desus l'estrangiere terre.

Une vois s'ouit par l'air Dont le horrible parler Rechanta la destinée Qui ja déjà les hastoit, D'autant qu'au ciel elle estoit Par arrest déterminée".

Strophe 5

Enfant (dit el') donne toi garde

Que ta mère ne te retarde,

Non tes labeurs tant soient ils durs,

Mais fui ces champs, mais fui ces rives

Afin mon fis que tu ne prives

Les tiens de leurs honneurs futurs.

Je voi déjà fleurir ton los

En ce pais, où la Dunoue

Traine en la mer ses derniers flos,

Et par les champs où Seine noue.

192-193. j j Son cœar que la creinte enserre Tout aplit le fit bruncher I 60-"]^ Le cœur que la peur enserre Le cors tout plat lui roidit | B\ met sans raison le point après roidit au lieu de le mettre après terre.

195-198. 60-j) Une vois par l'air s'ouit Qui les sens lui éblouit, Lui chantant sa destinée Qui ja desja le hastoit

2or-202. jj G, mon seul fis, donne toi garde Q.ue ta mère ne te retarde | 6o-y} Mon fils (dit l'ombre) pren bien garde Que ce pais ne te retarde

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