DE LA PAIX, FAITE PAR LE ROI AVEC LES ANGLOIS
SONKET,
PAR Sainte Marthe '.
Le Roi Henri, prince vaillant & sage, Aiant les forts de Bouloigne conquis, A pour jamais, entre les preus, acquis. Titre & renom d'héroïque courage.
Depuis, combien qu'il eust son équipage Prest à marcher comme en guerre est requis,
Sonnet. Réimprimé en appendice de la 2° édition des Quatre premiers livres des Odes (1553), à la suite de VOde de la Paix. — Supprimé des deux éditions du Cinquiesme litre des Odes (1552,1555) et de toutes les éditions suivantes.
I. Charles de Sainte-Marthe, oncle du poète Scévole de Sainte-Marthe, est surtout connu par sa Poésie franco! se, recueil de vers publié à Lyon en 1540, et par son Oraison funèbre de Marguerite de Navarre, dont il avait été le fam-.lier. Sur ce Poitevin, v. La Croix du Maine {Btbl. fr.), Goujet (B/W., t. XI), Dreux du Radier (Bibl. hist. du Poitou), P. de Longuemare {Une famille d'auteurs: les Sainte-Marthe ; cf. R. H. L. 1905, p. 544), surtout C. Ruutz-Rees, Charles de Sainte-Marthe {1^12-1 j^§), excellente monographie publiée à New-York (Columbia University Press) en igio et traduite en français par Bonnet (Paris, Champion, 1919). — Ce docte survivant de l'école larotique, bien loin de faire chorus avec les « rimeurs » de la Cour contre Ronsard, s'était rangé tout de suite de son côté, sans hésitation : témoin la présence de son sonnet ici, et une épitre latine, publiée en juin 1550 dans Y Hecatodistichon des soeurs Seymour, où il a exprimé son enthousiasme pour notre poète :
Ronsardus meus ille, quem Minerva Sacravit sibi : cui suada Pilho Dextro Mercurio irrigavit ora.
Qui {nolit velii invidus) poetas Inter, conspicuus locum tenebit.
A par accord le surplus reconquis Aiant du droit manifeste avantage.
Le premier acte est noble et glorieus : Mais le second n'est moins victorieus : Car moins n'aura la victoire gaignée.
Qui les siens sauve, & bonne paix acquiert, Que qui par force ou défend ou conquiert, Quand en son sang sa victoire est baignée.
Sonnet sur la paix, PAR Pierre des Mireurs k
Quel haut honneur, quelle gloire excellente, Quel grand triomphe ont mérité d'avoir Les Rois qui ont si bien fait leur devoir, Rompant de Mars la fureur véhémente !
Discorde fiere, & Guerre violente
Sont à l'envers, sans force, ne povoir
De nous troubler, surprendre ou décevoir.
Par Atropos que Paix rend froide & lente.
Sonnet. Réimprimé en appendice de la 2° édition des Quatre premiers livres des Odes (1555), à la suite de VOde de la Paix. — Supprimé des deux éditions du Cmquiesme livre des Odes (1552, 1553) et de toutes les éditions suivantes.
I. Pierre des Mireurs (en latin Mirarius), condisciple de Ronsard au collège de Coqueret, se trouvait naturellement « embrigadé » dans la nouvelle école poétique. En même temps que la littérature gréco-latine, il étudiait la médecine, comme il ressort de la strophe que Ronsard lui a consacrée dans les Bacchanales (v. ci-aprcs), et on le retrouve établi médecin à Dieppe en 1553 {R. H. L. 1899, pp. 356-359). Il a collaboré en vers latins et français au Tombeau de Marguerite de Valois (1550). On trouve encore de lui une pièce en vers latins et un dizain français, À la fin des Nacniae de Salmon Macrin (1550), pp. 106 et 136. Enfin M:iclou de la Haye lui a consacré un dizain élogieux dans ses Œuvres ("1553), fo j2 v" et J. Doublet lui a dédié sa 8° Élégie (15 $9).
Prince François, ce tien los méritoire Acquiert icy nom d'immortelle gloire.
O prince Anglois, les peuples soulagés
Sentent les fruis de Paix tant désirée ! Prince du ciel, soubs qui sommes rengés, Fai qu'elle soit d'éternelle durée.
Ignoti nuUa cupido.
T O MB E A V
DE M^RGVERITE DE F^-