‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaireChapitre 5 sur 244 · INTRODUCTION " IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION " IX

de ses pièces par les vers bien connus où le nom de Mellin était comme cloué au poteau infamant : Ecarte le malheur loin de ma tête, demandait-il à la feue reine trônant parmi les élus de Dieu,

Préserve moy d'infamie, De toute langue ennemie Et de tout acte malin :

Et fay que devant mon Prince Désormais plus ne me pince La tenaille de Melin ' .

Et pour que nul n'en ignorât, on lisait en marge cette note curieuse de Denisot : « Il entent Melin de Sainct-Gelais, qui trop envieusement blâma ses oeuvres devant le Roy. »

C'est cette seconde édition du Tombeau de Marguerite de Valois, Royne de Navarre, qui nous a fourni les quatre pièces de Ronsard réimprimées dans le présent volume après VOde de la Paix. Vu sa rareté, nous avons tenu à donner le fac-similé de son titre et celui du verso qui contient le portrait de la reine Marguerite, dû à Nicolas Denisot ^. Ce recueil parut au plus tard en avril 1551. L'extrait du privilège, placé avant les cent distiques latins des sœurs Seymour, n'est pas daté, et il n'y a pas d'achevé d'imprimer; mais N. Denisot a daté du 25 mars 1551 (n. st.) sa dédicace « à très illustre princesse Madame Marguerite, sœur unique du Roi, duchesse de Berri ».

Or MM. Frank et Chamard ont raconté quelle véhémente apostrophe Charles de Sainte- Marthe, dans son épitre latine, avait adressée aux poètes oublieux, qui, six mois après la mort de la reine de Navarre, qu'on appelait la dixième Muse, ne lui avaient pas encore consacré le moindre vers 3. Comme cette épître exhortative est, nous l'avons vu, des premiers jours de juin 1550 et que le Tombeau de Marguerite de Valois contient une lettre-

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