i-J} deux points après estre {éd. suiv. corr
1. Cette invocation i la Muse rappelle les débuts de VIliade, de VOdyssée, de l'Enéide. C'est aussi un procédé pindarique.
2. Ici commence une <( psychomachie », pour laquelle Ronsard s'est inspiré à la fois de Prudence, de Pétrarque, de Jean de Meung, de Marguerite de Valois et de Jean Bouchet. Il est vraisemblable que l'idée de mettre aux prises la Chair et l'Esprit lui fut suggérée par un court poème delà reine de Navarre eUe-mème, intitulé Discord estant en l'homme par la contrariété de l'Esprit et de la Chair, publié dès 1531 et réédité à la suite du Miroir de l'ame pécheresse en 1547 dans le recueil des Marguerites de la Marguerite (éd. Franck, I, pp. 69 et 159). Mais c'est ailleurs qu'il a trouvé le développement de l'idée. Il a emprunté à la Psychomachia de Prudence le cadre de la lutte épique, la description des deux camps, les harangues des chefs, le tableau de la mêlée. Il s'est souvenu, pour les cortèges d'abstractions personnifiées, des Triomphes de Pétrarque et du Roman de la Rose (le rapprochement avec le recensement des barons d'Amour dans l'œuvre de Jean de Meung a été fait par H. Guv, Revue d'Hisl. litt. 1902, pp. 244-245). Enfin il doit très probablement les abstractions matérialisées au livre du rhétoriqueur poitevin Jean Bouchet intitulé Triuniphes de la noble et amoureuse dame (18 éditions en 1 5 ans, 1530- 1545), dont la 3° partie contient trois psychomachies; ce livre était dédié à son père. Voir mon Ronsard poète lyrique, pp. 411-412 et 415-417.
Mist aux champs si grande horreur
De gens en armes horribles,
Qui de menaces terribles
Tençoient les murs, & les fortz
De l'Esprit qui les défie.
Tant sa force il fortifie
Pour mieux forcer leurs effors.
Là, fut le Monde ' emplumé De grands crestes undoiantes, Là, fut l'Orgueil enflammé D'éclairs d'armes flamboiantes, Là, l'esquadron des Plaisirs, Là, les bandes des Désirs, Là, les bourreaux de la vie, La Convoitise & l'Envie, Mallebouche, & la Rancœur, Là, la Gloire sumptueuse, Et l'Ire presumptueuse Qui ne peut brider son cueur.
Là, dessous les estandars De la Chair séditieuse, Flottoient d'ordre ces Soudars D'une vague audacieuse :
59-60. éj-"]} Tant en Dieu se fortifie Pour mieux forcer les plus fors I yS-S"] Tant son Dieu le fortifie Pour mieux forcer les plus forts 62. /2 grand's | 55-7^ grans
68. ji La, Convoitise, & Envie (corr. aux errata) | ji La, Convoitise & l'Envie (éd. suiv. corr.)