‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 2)Chapitre 137 sur 252 · ACTE IV, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I

Mon cœur n'est pas de bronze, ou du moins, mon enfant,. Y trouver de l'amour n'est pas plus difficile Que de trouver de l'or dans l'airain de Sicile... Aujourd'hui, laisse-moi t'aimer tout simplement.

U lait asseoir Severo près de lui sur un tabouret. SEYERO, à part.

Quel supplice !

GIAN-BATTISTA, lui mettant la main sur la tête.

Je veux toucher ce front charmant, Ce visage d'un pur et gracieux ovale, Ces cheveux... Ils étaient, jadis, couleur d'or pâle... Leur ton roux maintenant va bien à ton œil fier Et dire qu'autrefois — pour moi, c'était hier, Étrange illusion dont tout vieillard est dupe, — Il n'élait qu'un bambin qui portait une jupe Et jouait, à mes pieds, sur ces mêmes carreaux. . . Et que c'est un jeune homme, et que c'est un héros!... Que je t'embrasse encore!

SEVERO, après s'être dégagé de l'étreinte de Gian-Battista.

Oh! l'horrible martyre.

GIAN-BATTISTA, se levant.

Mais c'est trop m'atlendrir, vois-tu... Je me retire.. > Ah ! je suis vieux, je suis brisé, mon pauvre ami.

224 SEVEUO TORELLl.

Et, Tautrenuit encor, je n'ai guère dormi... Hélas! je ne pensais qu'à ta lâche terrible; J'ai prié... Mais ce soir, je veux, si c'est possible, Ayant pris dans tes yeux du calme et de l'espoir. Me reposer un peu.

11 serre les mains de son fils, puis, à part, en sortant :

Ce n'est pas pour ce soir !

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