‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 2)Chapitre 136 sur 252 · ACTE IV, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I

Il va falloir pourtant me mettre à ses genoux, M'incliner sur sa main, moi, fils de Tadultère, Le tromper sans rougir et l'appeler mon père, Et lui faire baiser sur mon front exécré L'image du bandit qui l'a déshonoré !

Il le faut... Mon destin en cet égout me plonge, Et tel est mon devoir : trahison et mensonge!

Il s'approche de Gian-Battista et met un genou en terre.

Mon père !

G I A N - B A T T I s T A, avec joie.

Toi, mon fils !

Il embrasse le jeune homme.

Oh ! te voir ! ... Te revoir !

Avec un léger tremblement dans la voix.

Ce n'est pas pour ce soir?

SEVERO, se relevant.

Ce n'est pas pour ce soir.

GIAN-BATTISTA, avec un soupir de soulagement.

Ah!

SEVERO

Que hsiez-vous donc ?

GIAN-BATTISTA

Un récit de Plutarqu e . . .

222 SEVEIIO TORELLI.

Un tragique récit. . . Vois, j'ai fail une marque

A la page, et bientôt je la saurai par cœur.

Il n'est rien de plus beau dans le vieux chroniqueur;

Mais c'est une farouche et sanglante aventure...

Et je pensais à toi pendant cette lecture.

SEVERO

Quelle est donc cette page et qu'y raconte-t-on?

GIA>'-BATTISTA

La mort d'Harmodius et d'Aristogiton.

SEVERO, à part.

Oh! toujours, devant moi, mon serment qui se dresse L

GIAN-BATTISTA

Mon noble enfant, il faut qu'éclate ma tendresse.

Hier, quand tu m'as dit ton généreux dessein,

Mon cœur, à se briser, a baltu dans mon sein,

Et mes yeux, malgré moi, se sont gonflés do larmes.

Cependant j'ai voulu te cacher mes alarmes.

Pour ne pas t'amollir, mon fils, comprends-tu bien?

Et le père a cédé la place au citoyen...

Aujourd'hui... aujourd'hui, je ne suis plus qu'un père..

Pardon... mais je n'ai plus une âme si sévère

Et je ne me sens plus si courageux qu'avant.

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