DUNCAN, LE VIEIL ÉJNOCH, ROBIN
Au lever du rideau, quelques groupes d'hommes et de femmes sont réunis et causent tout bas entre eux à la porte de l'église. Duncan, jeune montagnard d'une trentaine d'années, s'entretient au premier plan avec le vieil Enoch et Robin.
DUNCAN, à Robin.
Quand on te dit qu'il est en Ecosse ...
ROBIN
Eh bien, non!
Aussi vrai que Robin le Berger est mon nom
258 LES JACODITES.
Et que c'est toi, DiHicaii le Chasseur, qui me parles, Je ne croirai jamais, moi, que le prince Charles, Qu'un fils de roi, — combien voudrais-lu parier? — Soit ainsi revenu comme un aventurier.
LE VIEIL ENOCH
Prends-y garde! On a vu choses plus surprenantes.
d;l>can.
Mais c'est le bruit public. Il arrive de Nantes, Avec quelques Français, des compagnons choisis, Sur un vaisseau bondé d'armes et de fusils. Le prince, débarqué près d'ici, vers les îles, A, chez les Mac-Donald, trouvé de sûrs asiles. Plusieurs chefs l'ont déjà visité, dont les clans Payèrent auxStuarts bien des impôts sanglants. Ils venaient pour blâmer le jeune téméraire; Mais, à son seul aspect, il paraît qu'au contraire. Au cœur de tous les chefs a tout à coup monté Un flot de loyalisme et de fidélité.
Devant ce fils de roi, jeune, charmant et brave, Que la mer leur semblait rendre comme une épave Et qui leur souriait, l'air confiant et doux. Criant : « Vive le Roi! » tombant tous à genoux, Ils ont baigné ses mains de leurs larmes de joie. Il paraît, mes amis, qu'il suffit qu'on le voie