ACTE I, SCÈNE II
Dont turent fusillés ses oncles et son père. Moi-même, je les vins ramasser sur le lieu Du massacre, et l'enfant, le soir, en priant Dieu, Touche ces plombs rouilles du sang de sa famille. Voilà quels sont l'aïeul et sa petite-fille. Laissez errer les deux mendiants ; soyez bons ; Donnez votre pain noir aux pauvres vagabonds, Qui vont, les pieds poudreux, sur la route publique. Mais qui vous laisseront un bienfait magnifique, Fingalls, si, dans vos cœurs, ils ont ressuscité L'espoir de la vengeance et de la liberté !
DUNCAiN.
Vieillard, avec le ciel es-tu d'intelligence, Pour nous parler ainsi de guerre et de vengeance? Mais non! tu sais plutôt toute la vérité : Qu'en Ecosse un Stuart s'est hardiment jeté, Que l'entreprise n'a chance de réussite Que si Fingall combat... et que Fingall hésite! Et que le clan, cédant à des conseils mauvais, Veut même résister au chef!
ANGUS
Je le savais...
Et je sens à mes yeux monter des pleurs de rage. En songeant que Fingall, fameux par son courage
268 LES JACOIMTES.
Et naguère, parmi tous les clans, redouté, Au nom de ses vieux rois, devant lui répété, Ne m'a pas répondu par des hurrahs sonores Et par un grand frisson de dircks et de cla\ mores !
LE VIEIL ENOCH
Arrête, Angus î... Avant de nous parler ainsi, Peux-tu nous aflirmer que le Prince est ici?
ANGUS
Oui ! La mer déferlait avec un bruit sauvage... J'étais là! Quand sa barque a touché le rivage. Je Tai bien entendu pousser un joyeux cri; Et ma fille Ta vu.