‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 2)Chapitre 174 sur 252 · ACTE I, SCÈNE VI. 28a · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VI. 28a

Le drap de l'échafaud sur lequel tu marchas, Et ton gant, essuyant sur ton front les crachats ! Faites un trou profond, profond, pour qu'on y jette Les armes du vaincu, la lyre du poète. Tous nos espoirs chéris, tous nos grands souvenirs,. Les pleurs des exilés et le sang des martyrs ! Puis, lorsque tout aura disparu sous l'argile, Piétinez bien le sol pour qu'il soit infertile Et que, derniers témoins venant vous accuser, Les chardons écossais n'y puissent plus pousser!

ROBIN, suivi de plusieurs montagnards.

Assez, Angus!... Ta voix a remué nos âmes! Oui, vieillard, nous étions des lâches, des infâmes î Mais c'est fini...

Se jetant aux pieds de lord Fingall.

Pardon, milord, à deux genoux!...

Commandez... On est prêt à vous suivre.

LA FOULE

Oui, tous !'

LORD FINGALL.

Bien sûr?

ROBIN

Vous reverrez nos vaillantes furies.

On courra, sabre au poing, sur les artilleries Et sur les escadrons d'hommes et de chevaux;

Et quiconque n'a pas d'arme prendra sa faux, Noble lord, etviendra combattre sous votre ordre. . .

DUNCAN

Et qui n'a pas de faux aura des dents pour mordre ; Et l'on surpassera les exploits anciens. On nous a trop longtemps traités comme des chiens ; L'Anglais reconnaîtra les petits de la louve.

LORD FINGALL.

Dieu soit loué ! . . . Fils de Fingall, je vous retrouve î Donc, aux armes !

LA FOULE

Hurrah !

LE VIEIL ÉNOCH

Vous courez, insensés, Vers la défaite et vers les échafauds dressés, Pour un drapeau-fantôme et pour un discours vide !

A>GLS.

Pour un fantôme ! 0 toi, que la peur rend livide Et dont la lâcheté les empêchait d'agir, Toi-même, le poltron blême, tu vas rougir î — Et vous, dont je retrouve, enfin, l'Ame hardio. Vous verrez que ceci n'était point comédie Et quel noble étendard je menais au tombeau !

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