ACTE I, SCÈNE VII
En guerre ! ... Pour l'Ecosse et le Roi légitime ! Et je veux qu'un Fingall, comme marque d'estime, Tienne toujours à mes côtés cet étendard...
Il salue le drapeau.
Mais quel est donc celui qui le porte ?
LORD FINGALL.
Un vieillard Dont la voix serait mieux que la mienne acclamée, Prince; et vous lui devez, peut-être, votre armée.
LE PRINCE
Et la jolie enfant debout auprès de lui?
LORD FINGALL.
C'est sa petite-fille et son unique appui.
Pour votre cause et pour votre auguste personne.
Tous deux ont fait beaucoup.
LE PRINCE
Approche donc, mignonne !
Moi-même je veux mettre, ainsi qu'un fiancé, Un baiser tendre et doux sur ce beau front baissé.
Il la baise au front.
11 me semble que c'est l'Ecosse que j'épouse.
LA FOULE
Vive le Roi !
288 LES JACOlilTES.
DORA, à part.
Vraiment. . . je suis presque jalouse.
MARIE, à part.
Ses lèvres ! . . . sur mon front ! . . .
LE PRINCE, à Angus.
Et que puis-j«' pour toi, Vénérable aïeul ?
Rien !... Rien, que d'être un bon roi. Ces bandes de héros autour de toi groupées, Tu me les dois. Ma main a semé les épées; Tu n'as qu'à moissonner, Prince, et qu'à conquérir. Mais, plus tard, songe aux fils de ceux qui vonl mourir: Lorsque tu régneras, que ton cœur compatisse Aux maux des pauvres gens; sois bon, fais-nous justice. 0 jeune homme, à qui tout un peuple s'est donné î Et souviens-toi, lorsque tu seras couronné Et que tu sentiras le sceptre dans ta paume, Qu'un mendiant t'a fail l'aumône d'un Rovaume !