ACTE IV, SCENE I
DUNCAN
Soit ! Mais il n'a jamais été plus en danger, Puisqu'on a mis sa tête à prix.
RUTH
Malheureux homme !
DUNCAIS.
Mille livres sterling sont une grosse somme. Le pays est toujours battu par les soldats, Et, pour trahir le maître, il suffit d'un Judas. .. Dès demain, il faudra le cacher mieux encore.
RUTH
Mais, Duncan, que sait-on sur le Prince?
DUNCAN
On ignore Par quel chemin a pu prendre le fugitif. A qui lui livrera le Stuart, mort ou vif, Cumberland offre un prix de trente mille livres. On dit que, l'autre jour, à Stirling, des gens ivres Tuèrent un marchand qu'ils avaient pris pour lui... Enfin, il est encore en Ecosse aujourd'hui, Et libre, on en est sûr... Dieu protège sa fuite !
JOÉ, qui, depuis un moment, a quitté le coin du feu.
Dis donc... Je me souviens... comme ça, tout de suite, De la belle lady . . . tu sais ?. . . dont tu parlais
Tout à l'heure...
DLNCAN.
Eh bien, quoi?
JOÉ
Qu'est-ce que je voulais^ Je me rappelle... et puis, tout à coup, cela passe. Ah ! oui ! Peut-on garder un objet qu'on ramasse, Grand Irère?... Je me dis tantôt oui, tantôt non...
DUNCAN
Il divague... Voyons î laisse-moi, mon garçon; Car j'ai pour le moment de plus graves affaires. Tiens ! dans le petit bois, j*ai vu des primevères... Tu sais, où le taillis forme comme un bosquet... Va les cueillir.
JOÉ
Hurrah ! Je vais faire un bouquet !
Il sort en courant.