ACTE II, SCENE I
minute; je vous sais trop naïf ou trop honnête, — comme il vous plaira.
KARL
Enfin...
LE DUC
On vous accuse donc — vous n'avez pas peur des mots, n'est-ce pas? — d'aimer moins la personne de la comtesse que ses deux millions. . .
KARL, avec force.
Moi!
LE DUC
Et de l'avoir compromise pour la contraindre à vous épouser.
KARL
Infamie ! quand, au contraire... (Sc maîtrisant.) Vous n'avez pas cru cela, monsieur le duc?
Pas un mot, je vous le répète. Je vous ai môme défendu ; mais comme vous tranchez de l'homme intègre, du héros de Plutarque, j'ai trouvé la calomnie assez adroite.
KARL, avec agitation.
Comment la confondre? comment dire, devant tous?... Mais non, il n'y arien à faire.... La cons-
\(y L'HOMME ET LA FORTUNE.
cience, cela ne se montre pas. Ah ! tous ces gens de cour sont donc des lAches !
LE DUC
Doucement, doucement, vous devenez nen-eux, mon cher, cela ne vaut rien. Dans ma jeunesse, j*ai été quelquefois ainsi, quand je perdais au baccarat. Alors, je faisais des sottises, je tirais à cinq et je me faisais rafler mes frédéricks. Du calme.
KARL
Ah!
L'huissier entre.