ACTE V, SCÈNE III
Mais... ces regards éteints...
ANGUS, de même.
Cette voix qui me parle...
LE PRINCE
Je reconnais Angus!
ANGUS
J'entends le prince Charle !
LE PRINCE
Je t*ai vu, le premier, mon drapeau dans la main !
ANGUS
Et je ne puis ^offrir même un morceau de pain !
LE PRINCE
Tu m*as donné jadis des soldats, presque un trône!
ANGUS
Et je dois aujourd'hui te refuser Taumône !
LE PRINCE
La pauvre Ecosse a tout donné! Dans son malheur, Elle ne peut plus rien !
ANGUS, enlevant le manteau qui couvre Marie endormie.
Si !... Mourir de douleur!
Regarde !
LE PRINCE
C'est Marie!... Oh! mon Dieu!
MARIE, s'éveillant.
Qui m'appelle?.
Quel doux rêve j'ai fait!... La journée était belle... Le ciel riait... Un grand espoir flottait dans Tair, Et je vis le héros qui marchait dans la mer!... Sa croix de diamant brillait comme une étoile... Il me prit dans ses bras... Sur ma robe de toile, Un moment, j'ai senti son cœur près de mon cœur, Et puis, de son baiser m'envahit la chaleur Et sa bouche resta sur mon front appuyée!. .. Le beau rêve ! . . . Pourquoi m'avez-vous éveillée ?
Tout en parlant, Marin sVst mise debout. Elle chancelle. Le Prince la preud dans ses bras pour la soutenir.
LE PRINCE
Et que diras-tu donc, quand tu reconnaîtras Quel est le malheureux qui te tient dans ses bras?
MARIE, le reconnaissant.
Lui!
Elle se jette à ses pieds; il la relève. LE PRINCE.
Reste sur mon cœur, et viens que je t'y serre! Nous sommes tous les deux égaux par la misère...