‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 2)Chapitre 248 sur 252 · ACTE V, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III

Pas même égaux!... Tu peux méjuger, pauvre enfant! Car je sens battre en toi le cœur, encor vivant, De mon Ecosse, dont la blessure est mortelle! Pauvre Ecosse! Dis-moi! me pardonnera-t-elle? A ton verdict, enfant, le Prince se soumet.

MARIE

L'Ecosse ne peut pas juger. . . Elle t'aimait !

LE PRINCE

J'ai courbé tous les fronts.

MARIE

Les âmes restent hautes.

LE PRINCE

J'ai fait tous vos malheurs.

MARIE

Nous oublierons tes fautes.

LE PRINCE

J'ai répandu pour rien un sang trop généreux.

MARIE

Nous admirons en toi le héros malheureux.

LE PRINCE

On devrait m'abhorrer et me maudire...

MARIE

On t'aime !

ANGUS

Crois sa parole, elle est la Patrie elle-même! Tu peux partir, braver la mer et son péril, Va! les tombeaux seront indulgents pour Texil.

LE PRINCE

L'exil! Souffrance amère et que j'ai trop connue î L'exil aux jours sans fin, où toujours diminue Et recule toujours de plus en plus l'espoir, Comme un navire en mer dans la brume du soir!

MARIE

Dans les pays dorés, dans les cités célèbres,

Oui! tu regretteras l'Ecosse aux cieux funèbres

Et songeras, rêveur sous un climat vermeil.

Que la chaleur du cœur vaut mieux que le soleil !

Mais par les belles nuits de France ou d'Italie,

Quand tu souffriras trop de ta mélancolie.

Pense à nos nuits du Nord, sereines par hasard...

La lune, tout à coup dissipant le brouillard.

Se mire dans le lac où les daims viennent boire ;

Les astres sont brillants, la campagne est moins noire,

On distingue les pics neigeux à l'horizon;

Et le son d'un pibrock, venant d'une maison

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