‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 2)Chapitre 57 sur 252 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

META, à part.

Les sarcasmes de cet homme me font peur!

KARL

Vous vous trompez, duc. Pour bouder, il faudrait se souvenir, et maintenant mon passé me fait l'effet d*un cauchemar évanoui. Pareil à l'homme de la fable, j'ai trouvé, après un long voyage, le bonheur assis à ma porte; je me suis enfermé avec lui et je ne songe plus à repartir.

LE DUC

Des mots! des mots! J'attends des preuves.

Je n'irai pas les chercher bien loin, (ii lui montre Meta.) Regardez-la.

META

Mon bon Karl!

LE DUC

Après un madrigal pareil, je n'aurais plus qu'à vous donner ma bénédiction, mais je craindrais qu'elle ne vous portât malheur. Parlons d'autre chose. Mille florins ne sont pas à dédaigner pour un jeune ménage. Je viens vous proposer de gagner honnêtement cette somme.

KARL

De quoi s'agit-il?

LE DUC

Votre successeur au ministère, lecomtedeBramberg, doit prononcer son discours d'entrée devant la chambre des barons. Or, le brave comte est éloquent comme un poisson; et contre quelques feuillets noircis de niaiseries solennelles qu'il apprendrait par cœur en étudiant les attitudes devant son miroir, il serait tout prêt à donner les mille florins.

KARL

Merci. Mais les recherches historiques que je lais pour le libraire Grûn suffisent à assurer ma

modeste vie. (S'approchant de la table et rangeant quelques papiers.)

Tenez, voici justement un travail très pressé que j'ai fini cette nuit et que je vais lui porter tout à l'heure.

LL DLC.

Vous avez turt de refuser. La chose se serait faite discrètement, et...

KAUL.

Vous n'y ])ensez pas, mon cher duc!... Exprimer les idées de ce Braiiiberg, un homme à vues bornées,

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