ACTE III, SCÈNE III
un routinier politique... Quand la besogne serait dix fois mieux payée, je refuserais.
LE DUC
A la bonne heure, si c'est pour ce motif; mais vous voyez que je ne me trompais pas et que vous n'avez pas encore tout à fait dépouillé le vieil homme.
KARL
Tenez, monsieur le duc, je n'ai qu'une réponse à vous faire... Tout à l'heure, nous sommes allés, Meta et moi, dans la boutique du faubourg où les paysans et les gens du peuple se procurent leurs pauvres bijoux et j'y ai acheté cette alliance d'or. (A Meta.) Viens, Meta, viens, sainte et pure enfant, et devant ce témoin de mes erreurs et de mes folies, laisse-moi fiancer à la tienne cette vie où tu as fait renaître l'espérance.
Il lui met la bague au doigt.
META
Oh ! Karl, je me méritais pas tant de joie !... Vous seul êtes trop généreux et trop bon!
Allons! je vois que j'ai tort de troubler un aussi
gracieux tete-à-tôte... Ne me disiez-vouspas, Karl, que vous alliez sortir encore?...
KARL
Dans un instant... le temps de rassembler cespapiers...
LE DUC
Et vous descendez en ville?. . .
KARL
Oui.
LE DUC
En ce cas, je vous quitte, car nous ne pourrions faire route ensemble. J'ai un rendez-vous au jardin public... Tous mes respects, mademoiselle; adieu, Karl, et bonne chance à votre idylle.
Le duc sort.