‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 2)Chapitre 9 sur 252 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

mon honneur, je ne puis vous le dire ; mais si vous le connaissiez, Meta, vous l'approuveriez certainement, puisqu'il me promet le repos dont j'ai tant besoin, et la fin des chimères qui m'ont tant fait souffrir.

META

N'en parlons plus, monsieur Karl. Du moment que votre bonheur dépend de ce départ, vous avez raison, je devrais être contente... Voyez, j'essaye de sourire... Mais, vous vous taisez... Est-ce qu'il faut que je vous quitte déjà ?

KARL

Non, Meta, pas encore. Il me semble que ces^ dernières minutes que je passe auprès de vous doivent être les meilleures de ma vie, et je n'en veux

perdre aucune. (Illul prend le bras, puis après un silence et promenant ses regards autour de lui.) Ah ! la CrUClle choSC qu'uU

adieu ! Voici que tout le paysage devient sombre comme nos pensées. Voyez î c'est bien maintenant la fin d'octobre. Prairies sans fleurs ! soleil sans rayons! L'azur pâli n'a plus de chaleur; les arbres flétris n'ont plus de chants d'oiseaux. Toute la nature exprime et respire l'indéfinissable mélancolie qui est contenue dans ce mot : Regret ! Que c'est

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triste, n'est-ce pas ? Mais que c'est beau pourtant. . . Et il va falloir quitter tout cela !

META

Mon Dieu! vous me faites peur. N'y a-t-il pas ailleursdes pays comme celui-ci, où vous trouverez ce ciel calme et pur, ces grands arbres d'or et cette belle et triste après-midi d'automne?

KAIIL.

Vous avez raison. Meta; je voulais seulement dire que cène serait plus la patrie ! (La regardant.) Vous pleurez?... C'est moi qui vous fais pleurer... Ah! je ne sais donc que faire du mal !

META

Non ! monsieur Karl, mais je puis bien vous avouer cela, maintenant que nous allons nous séparer: je me rappelais ce que vous me disiez tout à l'heure, et je pensais à mon tour que, si quelqu'un nous voyait ici nous regardant dans les yeux et nous tenant les mains, c'est à présent qu'il pourrait bien plutôt nous prendre pour des fiancés... Et, je ne sais pas pourquoi, mais c'est cette penséc-là qui m'a fait venir des larmes.

KARL, lui serrant les mains.

llélasl (A j.ari.) Du couragc, il faut en finir. (Haut.)

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