‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 2)Chapitre 10 sur 252 · ACTE I, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE

Mêla, rheure marche, vous devez maintenant me laisser seul.

META

C'est donc vrai... Je ne vous reverrai plus ?...

KARL

Je vous en prie, soyez forte. Abrégeons ces adieux... Un baiser de frère, là, sur votre front... Puis... allez reprendre votre paisible vie de travail et de vertu. . . Un jour, un honnête homme vous découvrira dans votre paisible retraite... Aimez-le, vivez heureuse près de lui et par lui, et ne songez plus à ce triste compagnon que le hasard vous avait donné et à qui, dans votre imprudente générosité, vous vouliez dévouer votre jeunesse. Adieu, Meta, et dites-vous que vous me quittez, sans doute, pour toujours.

Adieu, Karl, et pensez bien que je ne vous oublierai jamais.

Elle sort.

SCÈNP: III

KARL, seul.

Je ne pouvais pourtant pas lui dire que j'allais me tuer. (Après un silence.) Vovons, toutes mes mesures sont bien prises. . . Là-bas, ma disparition est expliquée par cette fable de départ... Ici, je ne suis plus sur le territoire de la ville, et quand je me serai brillé le cœur avec une des armes de ce tir, on jettera le corps du suicidé inconnu dans quelque sépulture décriée et personne ne s'en inquiétera. Pas de tombeau pour qui a vécu sans foyer; pas de prière pour qui est mort sans espérance ! (Prenant une

pièce de monnaie dans son gousset.) Voici UU floriu; c'cSt le

dernier de ce trésor de pauvre que j'ai mis deux ans à épuiser, liardant comme un avare, usant mes haillons, ne mangeant que juste assez pour ne pas mourir de faim et lisant à la fenêtre ouverte, l'hiver, au clair de lune, pour épargner le feu et la lumière. Cet argent va payer ma mort. Sur ma foi! -ce sera le premier que je dépenserai sans regret.

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