‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 3)Chapitre 125 sur 191 · ACTE I, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE V

Quevais-je devenir, quand je serai, demain, Toute seule et livrée aux hasards du chemin ? Ah ! dans ces temps mauvais, dans ce pays sauvage, La liberté, pour moi, c'est le pire esclavage. 0 maître, ne sois pas charitable à moitié. Garde-moi; laisse-moi ma place, par pitié. Au coin le plus obscur du logis, et supporte Que je couche, le soir, en travers de ta porte!... Ah ! je baise tes mains î Dis, garde-moi, veux-tu ?

CONSTANTIN

Pauvre oiseau, du premier coup d'orage abattu. Soit ! Je te ferai chaude et paisible la cage.

MILITZA

Tu consens... Oh ! merci !... Mais il me faut un gage De ta promesse... un rien qui me sera si cher, Quelque chose de toi pour porter sur ma chair... C'est Tusage, vois-tu, des filles de Bohême.

CONSTANTIN

Quoi?... Mon collier? ma bague?... Enfin, choisis toi-même.

MILITZA, désignant un des poignards passés à la ceinture du jeune homme.

Eh bien, c'est ce petit poignard que je voudrais.

-JIO POUR LA COUIIONNE.

CONSTANTIN, le lui donnant.

Pourquoi ?

MILITZA

Pour me tuer, soldat, si tu mourais.

Acclamations au dehors.

Ces clameurs?...

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