‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 3)Chapitre 124 sur 191 · ACTE I, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE V

MILITZA

Donc, un homme, — c'est vrai ! — pour la première fois, M'a parlé sans dégoût dans l'âme et dans la voix! Et cet or que voici, cet or n'a rien d'infâme!... Qui donc es-tu, soldat aussi doux qu'une femme, Qui ne me connais pas et me fais tant de bien?

CONSTANTIN

Ton frère, si tu veux, pauvre fille, un chrétien.

MILITZA

Mais tu vois qui je suis.

CONSTANTIN

Je sais la chair fragile.

MILITZA

Qui t'a rendu si bon ?

CONSTANTIN

Ma mère et l'Évangile.

Je n'ai fait que le mal.

CONSTANTIN

Puisse Dieu l'éclairer!

MILITZA

Je vis dans le ruisseau.

CONSTANTIN

Le ciel peut s'y mirer.

MILITZA

L'homme pur me repousse en me disant : Arrière!

CONSTANTIN

Qui donc est sans péché, pour te jeter la pierre ?

MILITZA

Eh bien, toi qui m'osas donner le nom de sœur, Toi dont la voix m'emplit de paix et de douceur, Écoute-moi. Veux-tu vraiment que je remonte Le courant qui m'entraîne à jamais dans la honte? Alors, laisse-moi vivre ici, reprends ton or. Tu m*as sauvé la vie, eh bien, fais mieux encor : Garde-moi près de toi comme une humble servante. Car, d'après le passé, Tavenir m'épouvante.

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