ACTE II, SCÈNE II
Dans ce cœur plein de cendre et par moi tourmenté, Brûle un dernier tison d'antique loyauté. Un peu d'honneur, au fond d'une âme militaire, Est toujours enfoui comme une épée en terre... Et je me décourage, ainsi qu'un laboureur, Dans un champ où la guerre a semé sa fureur, Fait halte, en essuyant du bras son front qui sue, Quand des glaives rouilles arrêtent sa charrue.
BENKO
Pour briser cet obstacle il faut faire un effort. On vous aime et l'amour doit être le plus fort. Si Michel est toujours à vos conseils rebelle, A quoi sert d'être femme? à quoi sert d'être belle?
BAZILIDE
Entendons-nous. Rien n'est encor désespéré. Car je veux réussir et je réussirai.
J'en jure par le rêve ardent qui me dévore !... Montre-moi ce firman. Je veux le voir encore.
Benko tire de son sein un parchemin avec un large cachet de cire pendu au bout d'un ruban de soie verte, et le donne à Bazilidc, après avoir respectueusement baisé le cachet.
BAZILIDE, lisant.
« Gloire à Tunique Allah ! Mohammed, Commandeur
Des Croyants, qui remet sa force et sa grandeur
Aux mains du Tout-Puissant dont il est Thumble esclave
Promet de s'allier de cœur avec le Slave,
Noble ou non, qui fera passer, sans coup férir.
Les monts, que le Sultan renonce à conquérir,
Aux troupes dans la plaine à présent bivouaquées.
L'allié du Sultan rouvrira les mosquées.
Et paiera le tribut en or. Moyennant quoi,
Il aura la couronne et le titre de roi,
Avec tout le pays de la montagne au fleuve.
Nous le lui promettons par serment, et, pour preuve.
Il peut par devers lui garder ce parchemin
Timbré de notre sceau par notre propre main. »
BENKO
Pour que tout soit conclu, Michel n'aura qu'à mettre Son sceau près de celui de mon auguste Maître.
H A Z 1 L 1 1) K, après un silence.
(Juel rùve !
BEN KO, reprenant le parchomin.
Eh bien ! il faut le perdre ou le saisir.