ACTE II, SCÈNE IV
MILITZA
0 cœur aveugle et plein de candide vertu !
Souviens-toi que la Grecque a rêvé la couronne
Et que c'est quelquefois Tennemi qui la donne.
Songe à la trahison; souviens-toi, Constantin,
De Jean de Tirnovo, de Sava le Hautain.
Bien d'autres, comme ont lait le Bulgare et le Serbe,
Pourraient devant le Turc incliner leur superbe
Et, chrétiens devenus vassaux du Grand Seigneur,
Gagner une couronne au prix du déshonneur.
Que de défections déjà dans cette guerre !
Va, ce Benko n'est pas un espion vulgaire;
Là-bas, ils l'honoraient, te dis-je, comme un chef.
Songe à la Byzantine, ami, songe au grief
Que contre le vieux prêtre elle garde dans l'âme.
Elle peut désirer une couronne infâme.
Et peut-être ce Turc, dont nous nous méfions,
La lui montre et la fait briller sous ses haillons.
CONSTANTIN
Tout ce que tu me dis me glace d'épouvante. Oui, quelquefois, c'est vrai, l'ambition enfante Le crime, et Bazilide a le cœur corrompu. Sans ton utile avis, peut-être elle aurait pu
lu POUn LA COUr.ONNE.
Rêver quelque action horrible et la commettre.
Mais je vais éclairer mon père; il est le maître.
Vainement un complot se replie et se tord
Et prend en ses filets le vieux lion qui dort;
Il n*a qu'à secouer sa crinière indignée
Pour rompre d'un seul coup ces toiles d'araignée !
D'un mot je l'avertis...
MILITZA
Calme ton sang qui bout, Et, je te le répète, écoute jusqu'au bout. Il faut — malheur sur moi, si le mot t'exaspère ! — Te méfier de tous et même de ton père.
CONSTANTIN, levant le bras ;ivec furoiir.
Mon père! Misérable esclave!...
MI MTZA.
Frappe-moi.
Mais songe que ton père aussi veut être roi...
CONSTANTIN
Militza!...