‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 3)Chapitre 142 sur 191 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

MILITZA

Quand son chien sent un péril et jappe, L'homme injuste brandit un bâton... Eh bien, frappe ! Qu'importe que mon sang rougisse le pavé Et que le chien soit mort, si le maître est sauvé !

CONSTANTIN

Mon père ! C'est affreux î

Ah ! que mon cœur se rompe, Que je meure soudain, si mon instinct se trompe ! Mais j'ai vu, oui, bien vu Brancomir échanger De singuliers regards avec cet étranger, — Dois-je dire le mot ? — des regards de complice !

CONSTANTIN

Complice!... Lui !...

MILITZA

Je sais, je te mets au supplice...

Mais songe donc. Toujours son désir le poursuit. N'est-il pas devenu sombre comme la nuit,

-236 l'OUi; LA COl'HONNK.

Depuis qu'ils ont fait roi l'évêque à tête blanche? Si Michel voulait prendre à tout prix sa revanche ?. Oui, naguère on vantait sa rude loyauté, Mais Bazilide est là, qui peut l'avoir tenté Le poison est subtil et pénétrant que verse, Dans les heures d'amour, une femme perverse. Crois-moi, la haine en lui fait son travail obscur; Et, comme la tempête envahit un ciel pur. On peut voir dans ses yeux, lentement amassées, Flotter l'orage noir des mauvaises pensées!

CONSTANTIN

Oh! tais-toi!... car j'entends — et j'en ai le frisson —

En moi-môme un écho qui te donne raison...

Mon père ! . . . C'est atroce ! . . . Oh ! soupçonner mon père !i

MILITZA

Tu connais le danger. Maintenant délibère Et décide. L'esclave a tout dit et se tait.

CONSTANTIN

Mon Dieu, je deviens fou!... Si cette chose était. Cependant?... Si mon père — oh ! non, c'est trop iniànie Vendait ainsi son Dieu, sa patrie et son Ame?

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