‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 3)Chapitre 151 sur 191 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LE GUETTEUR, seul.

Ce maudit froid me fait grelotter jusqu'aux moelles.

Quel éclat singulier ont, ce soir, les étoiles !

On dirait des témoins ouvrant tout grands leurs yeux.

Ma mère prétendait que les astres des cieux.

Qui peuplent de clartés la nuit bleue et profonde.

Ont seuls pu voir, depuis les premiers jours du monde,

Des forfaits inconnus, restés sans châtiment.

Et qu'ils témoigneront, au dernier jugement.

Aussi, quand leur éclat est extraordinaire,

— La solitude rend un peu visionnaire, —

Il me semble qu'un crime est tout près d'arriver.

Comme ils brillent ce soir!... A quoi vais-je rêver?

252 POlJi; l.A COmONNK.

Le ciel est pur, le vent du Nord a ce caprice, Voilà tout... Et c'étaient des contes de nourrice, Que me disait jadis ma mère en me berçant.

Michel Brancoinir entre au fond, avec un bonnet et un man leau pareils à celui du guetteur.

Un homme... Co doit être enfin mon remplaçant.

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