ACTE IV, SCÈiNE I
Mort l'épée à la main, le soldat de la Croix, En sauvant la montagne une dernière fois...
LAZARE
0 Michel ! si là-bas, à Viddin, sa statue Pouvait voir notre armée épuisée et battue, Et le Turc, chaque jour, regagnant du terrain, Bien sur, elle accourrait, sur son cheval d'airain.
OUROSCH.
Hélas ! la gloire semble avec lui trépassée.
Se levant.
Bien, ma fille... Voilà ma blessure pansée. Et ton baume toujours est d'un effet certain.
ANNA
Père, n'êtes-vous pas ingrat pour Constantin ? Ne le teniez-vous pas pour un bon chef de guerre. Et n'a-t-il pas été victorieux naguère ?
OUROSCH.
Oui! du temps de son père, et comme lieutenant.
^272 PO un LA COUIION.NE.
LAZARE
D'ailleurs, combien il est changé!
OUROSCH.
C'est surprenant.
Son deuil Ta désolé bien plus qu*il n'est d'usage, Et je n'ai jamais vu d'aussi sombre visage.
ANNA
Blâmez-vous sa douleur filiale ?
OUROSCH.
Non pas !
Mais le fils perd son temps à pleurer le trépas D'un tel père. Il a mieux à faire. Qu'il le venge!
LAZARE
Et puis, est-ce bien là du chagrin? C'est étrange. Point de pleurs dans ses yeux, au nom du grand Michel Non! il a des frissons, ainsi qu'un criminel, Et sa morne tristesse au remords est pareille. On dit qu'avec des cris, chaque nuit, il s'éveille, Et prie, en se frappant le cœur d'un dur caillou . . . Vraiment! cet homme a l'air d'un coupable... oud un U