ACTE V, SGÈiNE V
Tu veux qu'il vive? Soit. Son existence est sauve, Du moins, nous entendrons hurler la bête fauve; Et, comme on le fera tous les jours, qu'aujourd'hui, Chacun de nous se dresse à son tour devant lui, Et lui jette une insulte, un crachat, un blasphème !
MILITZA, sortant de la foule et s'élan«;ant dans les bras de Constantin.
Qu'il ait du moins quelqu'un qui l'embrasse et qui l'aime !
CONSTANTIN
Militzaî
MILITZA, à la foule.
Maintenant venez, bourreaux hideux !
Pour recevoir l'outrage, au moins nous serons deux.
LAZARE
Qu'on Tôte de ses bras !
L'ÉVÈQUE-ROI
Pas encor. Réponds, femme.
Tu sais bien que cet homme est un monstre, un infâme ! Son crime fait horreur ainsi mis en plein jour. Pour le défendre encor, qui donc es-tu ?
320 POIK LA COUUO.N.NE.
MILITZA
L'amour î...
Peuple, que ta clameur de haine retentisse ! Il a pour lui l'amour, plus fort que la justice î
LAZARE
Qu'on la tue!
L'évêque contient du geste les furieux.
Oui, l'amour, peuple avide de sang.
Qui lui reste fidèle et le croit innocent !
CONSTANTIN, la baisant au front.
Quelqu'un m'aime! ô douceur!
MILITZA
Ah ! vous le laissez vi Pour qu'il souffre encor plus; mais, moi, je le délivre
L'ÉVÊQUE-KOI.
Comment?
MILITZA, à Constantin, tirant de son sein le poignard que le jeune homme lui a donné autrefois.
Tu m'as donné le poignard que voici,