ACTE I, SCÈNE I
LE CHOEUR
Oui, oui!
LE BOURGMESTRE et HENDRICK.
C'est dit. Tout Amsterdam se range
Sous la bannière de la loi.
Oui, nous résisterons à Guillaume d^Orange, C'est notre stathouder, ce n'est pas notre roi.
HENDRICK
D'ailleurs, n'avons-nous pas l'intrépide corsaire Que voici, — Maître Ambros, vainqueur dans cent combats? C'est le chef acclamé, le héros populaire; Il fera de vous des soldats.
AMBROS
Autant que moi vous saurez être utile, Noble Hendrick... Je vous vis à l'œuvre et m'en souviens.
Jamais on ne prendra la ville Qui compte tant de fiers et vaillants citoyens. Et, si nous étions près de succomber quand même
Sous les assauts du stathouder.
Il resterait encor la ressource suprême : Rompre la digue, inonder le polder !
CHŒUR
Rompre la digue, inonder le polder !
4« MAITIIK A Ml; 110 S.
AMBKOS.
Comptez sur moi : la nuit, je veille, Quand Nassau croit tout endormi,
Au fort du vieux moulin d'où l'un suit à merveille Les mouvements de l'ennemi.
— Pour que la digue soit ouverte, Il suffît, à la moindre alerte, Que Ton hisse au mât du signal Un fanal...
Et, comme l'ouragan dissipe la fumée,
La mer emporte au loin Guillaume et son armée !
— Donc, rien à redouter, sauf une trahison...
ClIOKUll.
Une trahison ?...
ANTON, à part.
Quoi ! Saurait-il?...
' A M 1$ nos.
De ce siège Beaucoup de gens dans le peuple sont las.
Qui, sans souci du privilège, Pour le stathouder font des vœux hait lja>.
Méchants bruits! Vaines craintes !